L’enfant et la guerre

original-636017-567Rapprocher L’enfance d’Ivan, premier film d’Andrei Tarkovski, de Récit d’un propriétaire, oeuvre souvent jugée mineure d’Yasujirô Ozu, peut laisser perplexe. Quel rapport entre le film pro-soviétique du grand réalisateur russe, et celui burlesque et plus anonyme du non moins grand réalisateur japonais ? La guerre, évidemment, et l’enfance ; le hasard, surtout, qui fait découvrir en une semaine deux histoires que jamais autrement nous n’aurions pensé à réunir. Les quinze années qui séparent les deux films sont loin d’être la différence majeure entre le tragique et flamboyant L’enfance d’Ivan, et le drôle et bouleversant Récit d’un propriétaire. Ivan, enfant monstrueux et martyr, est plongé dans une guerre violente dont il ne ressortira pas vivant. Tarkovski le magnifie, reprenant l’iconographie religieuse pour le mettre en scène. Kohei quant à lui se montre silencieux, pleureur, boudeur, enfant mal dégrossi errant dans le Japon dévasté d’après-guerre. Ozu le filme avec toute la tendresse mordante qu’il a pour ses personnages. Lire la suite