Roméo et Juliette par Branagh

ROMEO AND JULIET
Crédit : Johan Persson

Subtil, Kenneth Branagh ? Rarement. Efficace ? Assurément. Grand amoureux de Shakespeare, marchant sur les traces de Lawrence Olivier, il s’efforce d’apporter sa touche personnelle aux grandes-œuvres de William. Jusqu’au 13 août, il présente sur la scène du Garrick Theater, à Londres, sa vision de Roméo et Juliette. Le maître mot de cette mise en scène très cinématographique : divertir.

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Roméo sans Juliette

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Émile Zeizig

En 2014, Nicolas Briançon avait présenté Roméo et Juliette au Théâtre  de la Porte Saint-Martin, dans une mise en scène très inégale. Éric Ruf fait de même aujourd’hui à la Comédie-Française. Plusieurs rapprochements peuvent être faits entre les deux visions de la pièce, surtout car les deux hommes ont choisi de « dépoussiérer » Shakespeare et d’insister sur le caractère comique de la pièce.

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Loufoque voyage anglais

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Voyages avec ma tante est un des derniers romans de Graham Greene. Nicolas Briançon, amateur de théâtre anglais et grand amoureux de Shakespeare, en propose une mise en scène fantaisiste qui se révèle un régal, après un Roméo et Juliette un peu bancal l’année dernière. « Less is more » semble avoir été la devise. Le décor est minimaliste, les quatre acteurs se partagent tous les rôles, et pourtant le spectateur est entraîné de Londres à Istanbul, pour atterrir finalement au Paraguay, dans un fantasque bal savamment orchestré. La transposition de Giles Havergal est assez fidèle à l’esprit de l’auteur, politiquement incorrecte et très british, même si certaines expressions paraissent plus vulgaires en français (le passage dans le train où la jeune femme disserte sur l’arrivée de ses « anglaises » n’est pas du meilleur goût).

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Le spleen de Tchekhov

thierry depagne ivanov 1© Thierry Depagne

« Je ne comprends pas, je ne comprends pas, je ne comprends pas ! C’est à se tirer une balle !… » Ivanov, héros de la pièce éponyme de Tchekhov, écrite en 1887 alors qu’il avait 27 ans, est un antihéros désabusé et mélancolique. Il semble porter sur ses épaules la misère du monde, mais ce poids ne lui inspire plus qu’un profond ennui et un dégoût incommensurable de lui-même. La tristesse s’est tarie, les larmes ont séché, et il ne reste plus qu’un vide immense. Cet état provoque chez le personnage une incompréhension totale. Pourquoi ? Hamlet est, à plusieurs reprises, mentionné dans la pièce. Mais Ivanov ne se demande plus s’il faut vivre ou non, s’il faut agir ou pas. Il n’en est plus là. Pour lui, tout est déjà fini. Il n’y a plus rien à faire. Il se traîne encore un peu, sans vraiment savoir pourquoi. Oui, pourquoi cette infinie fatigue, pourquoi ces gens autour de lui, pourquoi la vie finalement. Il erre un peu comme un fantôme, avec pour seule arme contre le monde son cynisme. Une fois que le rire grinçant cessera lui aussi, Ivanov sera conduit à la mort, celle qu’il évoque déjà dans son monologue au début de la scène quatre de l’acte III. « C’est à se tirer une balle ! »

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La tragédie épurée

king lear

La compagnie On Stage – New Open Space, créée en 1989, a pour but de produire des pièces en langue anglaise pour un public français. Fondée par l’acteur Nick Calderbank, elle s’est associée à la compagnie Lynx, dirigée par Joanna Bartholomew, pour présenter au théâtre de Nesle une très belle version de la célèbre tragédie King Lear. Rona Waddington a mis en scène cette oeuvre complexe, riche et foisonnante, dans laquelle on retrouve tout le génie du grand Shakespeare.

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