Le couloir blanc

Ils arrivent dans le couloir blanc,
Elle court derrière et lui devant.

Sa jeunesse brouillée 
Derrière des rides de larmes,

Le long de sa gorge des sanglots tremblants
Remontent
À son sourire tombant,

L’élan de ses jambes
Contre la maudite faucheuse,

Rattraper l’homme
Qui fuit,

Mais 
L’encre du désespoir
Déjà
Noie son regard.

Son visage défait figé dans la stupeur,
Ses yeux fixés sur l’image 
D’il n’y a pas une heure,

Des meurtrissures le long de ses doigts
Qui ont cherché 
Puis aggripé 
Le minuscule vêtement 

Sa course
À bout de souffle
Dans l’écho des pas précipités 
De la femme aimée
Dont il tient aujourd’hui le petit
Contre lui,

Ses bras douloureux
L’enlacent,
Et dans un dernier bercement
Nient encore.

Moins de deux ans après,
Le même corridor,
Dans le fracas des bombes
Est un passage de mort

Et
Dans le vide 
Le bras 
Ballant
De l’enfant.

© Béryl Huba-Mylek

Une réflexion sur “Le couloir blanc

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