Le départ

Tes yeux glissent, épouvantés, sur les ruines de la capitale sinistrée. T’y attendais-tu ? Je te vois descendre à la gare centrale, la main de ton frère dans la tienne, tu serres ses petits doigts tremblants dans ta paume lisse et blanche. La station était-elle rouverte, les rails fonctionnaient-ils, les trains emportaient-ils enfin d’autres passagers que des condamnés ? Je ne t’imagine pas arriver en voiture. Qui l’aurait conduite ? Un oncle, une tante, un voisin, quelqu’un ?

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Ton frère

Quelque part, tu es à moi. Ou bien tu es comme moi. Quelle différence ? Je suis à toi aussi. Je suis comme toi aussi. Il me semble que ce que tu ressens je le vis, et ce que je vis tu le ressens. Lorsque nos regards se croisent, les pensées s’envolent. Je comprends ce qui se trame dans ton cerveau. Tu perçois la moindre de mes réflexions. Les paroles qui ne tarissaient jamais entre nous sont devenues inutiles. Un geste, un soupir, ou le silence. Et je sais. Et tu sais. Du moins, cela avait toujours été.

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Jour de fête

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La chaleur du soleil s’étend sur le lit et me tire du sommeil.

Les fleurs embaument le logement, elles pressentent l’échappée belle.

Dans quelques instants, son sourire épanoui et ses yeux qui pétillent répondront à son rire à lui et l’éclat de ses prunelles enjouées.

Quelques jours en suspens, pour célébrer l’union de cet être chéri, cette fillette qu’autrefois j’appelais jumelle et qui est si grande aujourd’hui.

En attendant les embrassades émues et les larmes joyeuses que l’on essuiera vite, une vive émotion de tendresse accompagne ce jour de fête.

© Béryl Huba-Mylek