Le départ

Tes yeux glissent, épouvantés, sur les ruines de la capitale sinistrée. T’y attendais-tu ? Je te vois descendre à la gare centrale, la main de ton frère dans la tienne, tu serres ses petits doigts tremblants dans ta paume lisse et blanche. La station était-elle rouverte, les rails fonctionnaient-ils, les trains emportaient-ils enfin d’autres passagers que des condamnés ? Je ne t’imagine pas arriver en voiture. Qui l’aurait conduite ? Un oncle, une tante, un voisin, quelqu’un ?

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Ton frère

Quelque part, tu es à moi. Ou bien tu es comme moi. Quelle différence ? Je suis à toi aussi. Je suis comme toi aussi. Il me semble que ce que tu ressens je le vis, et ce que je vis tu le ressens. Lorsque nos regards se croisent, les pensées s’envolent. Je comprends ce qui se trame dans ton cerveau. Tu perçois la moindre de mes réflexions. Les paroles qui ne tarissaient jamais entre nous sont devenues inutiles. Un geste, un soupir, ou le silence. Et je sais. Et tu sais. Du moins, cela avait toujours été.

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